L’époque est carnassière, à l’image du dernier spot Clio (depuis mai 07). Un univers onirique à la Terry Gilliam, l’ombre des frères Grimms, débauche de moyens, le tout superbement réalisé par un collectif de réalisateur New-yorkais, auteurs de "L’happiness factory" de Coca-Cola. Dans un monde aseptisé et étrangement sans automobile (où se trouve cette ville idéale ?), un ogre beaucoup moins avenant que le géant vert lance son appât et extrait une grappe de badauds attirés comme des mouches vers une fatale destiné (le spot nous épargne cette suite mais ils finiront sans nul doute dans le ventre du géant anthropophage).Soit, au premier degré, ça passe tout seul… mais en regardant de plus près,
c’est aussi troublant qu’un loup déguisé en grand-mère.
c’est aussi troublant qu’un loup déguisé en grand-mère.
Ce spot fait de la Clio un leurre entraînant une masse d’individus avides et aveuglés vers une fin (une faim ?) certaine. La matérialisation du désir devient suicide collectif et l’on assiste impuissant à la panurgisation des esprits. Car qui est cet ogre… sinon la représentation de la multinationale française qui dévore ses clients tout crû sans doute afin de mieux s’engrosser. Du cynisme publicitaire sans doute.
Le choix de l’imaginaire des contes n’est pas innocent non plus. Ill assimile le consommateur à un enfant et le renvoie à ses frayeurs. … le premier psy venu vous expliquera en relevant ses lunettes avec un air condescendant que l’ogre symbolise le père et son syndrome d’œdipe associé. Mais dans les contes, le héros vient à bout de l’ogre…
Ici, point de victoire… les futurs clients deviendront des victimes consentantes, perdues dans la "nasse" d’illusions destructrices. Le spot se contente de décrire un désir imposé et subit, sans la moindre promesse, sans le moindre bénéfice consommateur (pourtant, il doit bien avoir quelques mérites ce nouveau moteur TCE 100 cv). Seul le pouvoir manipulateur des images rattrape l’indigence de ce spot qui dans le fond n’est qu’une vulgaire réclame (La Clio, c’est bon, mangez-en). A défaut de connaître les scores d’agrément de cette campagne (sans doute ultra pré-testée à grand frais), on citera juste les résultats de Renault en terme d’immatriculation : -13,8 % au premier semestre 2007, - 10,8 en juillet, - 10,3 % en août et un titre boursier en baisse (une cotation passée de 120 à 90 depuis juillet)*
La morale de l’histoire ? Que Renault oublie peut-être la méthode Coué en exposant le désir sublimé et fantasmé des consommateurs pour ses véhicules ET reconsidère enfin ses clients en leur proposant des bénéfices tangibles. Il ne suffit de s’auto-proclamer (sans jeu de mots) "Créateur d’automobile"… encore faut-il le prouver !
* Sources : ccfa.fr et lemonde.fr
… RENDEZ-VOUS LUNDI PROCHAIN ET EN ATTENDANT,
VOICI LE BONUS DE LA SEMAINE !
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